Tirer les leçons des expériences
Les projets doivent entreprendre des évaluations régulières, critiques et participatives de leurs progrès. Ils devraient être capables de réagir aux situations et problèmes imprévus et être prêts à changer de direction afin d'avoir un impact plus grand.
Photographie de Paul Starkey ©
Utilisation innovatrice et 'spontanée' du vélo-remorque en Guinée
Former les artisans n'a pas été suffisant

Le Centre d'Ingénierie Agricole de Katopola près de Chipata en Zambie fournit des services de formation professionnelle et dans les années 80, les agences de développement financèrent un projet avec du personnel expatrié pendant neuf ans. Les jeunes qui achevaient leurs études ainsi que les menuisiers furent formés à la fabrication de charrettes à bœufs en bois, de pousse-pousse, de brouettes et d'outils agricoles. Cependant, comme il n'y avait aucune demande les menuisiers se tournèrent vers la production de meubles et la menuiserie en bâtiment. Le but du projet était, entre autre, d'aider le transport rural mais après plus de dix ans, le projet n'a eu aucun impact sur le transport.

Photographie de Paul Starkey ©
Les lourdes charrettes en bois
avec roues et roulements de bois
n'ont pas été appréciées en Zambie
  • Le projet avait déterminé à l'avance les technologies à promouvoir. Les modèles proposés ne furent pas acceptés mais aucune alternative ne fut proposée.
  • Le projet se pencha sur le problème identifié au préalable, c'est à dire la formation des artisans, mais n'intervint jamais dans les aspects de production ou de marketing.
  • Le projet ne s'est jamais posé la question de savoir pourquoi les technologies proposées n'étaient pas adoptées.
Photographie de Paul Starkey ©Leçons à tirer de l'évaluation d'un projet de vélos-remorques pour les femmes au Ghana

En 1991 un projet de subvention pour les vélos-remorques fut mis en place au Nord du Ghana à travers des ONGs et un appui au crédit. Les participants étaient soi-disant 'ravis' et des ateliers de Tamale commencèrent la fabrication des vélos. L'évaluation du programme en 1994 révéla que les femmes trouvaient que les vélos-remorques étaient chers et que les ventes étaient minimes. Elle révéla aussi qu'en général les femmes ne montaient pas à bicyclette, qu'il n'y avait pas de vélos de femme suffisamment solides et que sur la route les femmes utilisaient les camions qui allaient au marché alors que les vélos-remorques ne fonctionnaient pas bien sur les chemins. Les remorques étaient aussi trop petites pour les gros chargements, et chargées les remorques étaient dures à tirer. Les bicyclettes ordinaires pouvaient servir à porter des chargements assez importants, étaient très adaptables et coûtaient moitié prix qu'un vélo-remorque. L'évaluation révéla que le projet avait encouragé l'utilisation des remorques sans comprendre clairement les problèmes socio-économiques et techniques ainsi que les aspects liés au genre des utilisateurs.
Photo: Un modèle de vélo-remorque développé au Sri Lanka